Le jardin de M

Le jardin de M, c'est le jardin famillial. Initialement composé de deux parties bien distinctes, une vigne et un potager mais dépourvu d'arbre,séparés et déservis par une allée cimentée. Protégé des vents du nord par un bois de frênes, orienté et suivant une dénivelée sud nord sur sa longueur il est clos par un mur de pierres sèches à l'Est se poursuivant le long du bois puis par un simple grillage à l'Ouest, au Nord il est délimité par les batiments et la terrasse le dominant. La couche de terre végétale est peu profonde et argileuse avant d'atteindre la roche calcaire, la partie basse dont la couche de terre végétale est plus épaisse est exposée plein sud.
A partir de 2000 le jardin à commencé une période de déclin, abandon de ses fonctions vivrières et plus grave: traitement régulier au désherbant. La canicule de 2003 en fit un apparent désert, en tous cas un lieu se prêtant à une redéfinition à laquelle je m'employais déjà en profane depuis quelques mois.

 

Mon premier projet était un fleurissement de l'ancien potager. Je me documentais sur les prairies fleuries ne réalisant pas la complexité des équilibres à créer pour réussir ce type de projet, je renvoie au livre "Les prairie fleuries" de Cristopher Lloyd.

Sur cette image on distingue un ensemble de vivaces, echinacea et echinops. Est présent aussi un perowskia à gauche on remarque aussi les ombelles jaunes des fenouils bronzes, en arrière plan le mur de pierres sèches et le bois.

 

La partie basse du jardin se voit doter d'une pièce en cours d'aménagement bordée d'une haie composée principalement d'arbustes persistants et de plantes à floraison blanche, anthémium, gaura...

 

L'idée est à terme de créer une pièce fermée d'arbustes persistants dont la partie nord sera ouverte sur le bois, un lieu sempervirent abrité des regards. Des espèces parfumées comme les viornes, elaeagnus et osmanthes sont utilisées pour participer à une atmosphère portée à la mélancolie.

Ici les gladiolus se détachant sur de vieux frênes

 

Là encore avec des lys et centranthus (valériane qui ont l'avantage de se resemer) l'idée étant de donner une diversité et une floraison soutenue.

 

Le mur de pierres sèches tient d'un savoir faire ancien hélas abandonné, il est d'une étonnante résistance aux assauts du temps. C'est le mur qui fait le jardin en tant qu'espace limité et défini . Cependant c'est une frontière qui n'a de sens que pour l'homme, il est souvent le corridor qui abrite faune et flore. Les lichens lui donnent une patine unique et participent grandement à la tonalité du jardin.


 

Dans un jardin "nu" difficile de ne pas céder à la tentation d'installer des espèces remarquables voir rares, comme ici c'est Acer pseudoplatanus "brillantissimum" Il est cependant nécessaire d'utiliser des espèces adaptées tant au climat, qu'au sol.

 

Image dont j'ai une grande fierté mais qui n'est déjà plus qu'un souvenir. Cet érable japonais à été victime je crois de la fusariose, arraché il est aujourd'hui en quarantaine dans un conteneur, je ne sais pas quelles sont ces chances, ni si le champignon qui est à l'origine de sa maladie ne va pas éliminer bientôt le deuxième érable? La maladie est un aspect du vivant le plus souvent les raisons en sont la main de l'homme, nous guérissons mal et la prévention et la sagesse sont les meilleurs palliatifs.

 

Le radeau, un gros plancher de chênes entre deux carrés, une brande en coupe vue, un peu de mobilier, des ricins chargés de renforcer l'intimité le temps que les arbres poussent.

 

Quoi de mieux que d'être confortablement installé au milieu du bruissement, des réfractions changeantes dûs à la moindre brise, d'observer, immobile.

Ici le radeau en octobre, dernières belles journées ou l'exubérance estivale va soudainement laisser place à la sobriété hivernale.